Rage du raton : le transport d’animaux interdit dans 106 municipalités du Québec
Pour éviter la propagation de la rage du raton laveur, Québec interdit de déplacer les ratons laveurs, les moufettes rayées, les renards gris, les renards roux ainsi que les coyotes qui se trouvent dans 106 municipalités de l’Estrie et de la Montérégie jusqu'au 17 août. Le ministère de l’Environnement, de la lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs veut à tout prix éviter que le virus, transmissible à l’humain et mortel à 100 %, ne se répande à l'extérieur de ces deux régions où une épidémie sévit. Depuis décembre, 32 ratons laveurs infectés ont été détectés dans la vallée du lac Champlain, à Frelighsburg, à Farnham et à Venise-en-Québec. Il s’agit d’une deuxième recrudescence de cas dans la province. Québec s'attend à une épidémie semblable à celle de 2006, quand le virus avait été décelé pour la première fois. 104 cas avaient été répertoriés en 4 ans. Les citoyens qui déplacent des bêtes vivantes s’exposent à une amende. Marianne Gagnier, biologiste et coordonnatrice provinciale de la rage pour le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Capture d'écran C’est une pratique qui se fait et il y a un risque très très important en ce moment de déplacer des animaux en incubation de la maladie. Pour prévenir une infection, les autorités demandent aux citoyens de se tenir loin des animaux sauvages et de prendre des mesures pour empêcher leur venue sur leur terrain, en évitant par exemple de les nourrir ou en rangeant leurs poubelles hors de leur portée. Un raton laveur d’apparence en santé peut être porteur du virus et transmettre la maladie aux humains. Dans certains cas, les symptômes mettent des semaines, voire des mois à se manifester chez l'animal. En cas de morsure, de coup de griffe ou de contact avec la salive, la plaie doit être nettoyée avec de l’eau et du savon pendant 10 à 15 minutes et un appel à Info-Santé 811 doit être logé. Il est important d’agir vite, selon le Dr Benoît Heppel, médecin de famille au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS. Le docteur Benoît Heppell, médecin de famille au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette La copropriétaire du Refuge de la Faune en Estrie, Claudie Daniel, s'inquiète des conséquences de l'interdiction. Elle craint que des citoyens prennent l’initiative de soigner eux-mêmes les ratons laveurs blessés ou malades qu’ils rencontrent en forêt, faute de pouvoir les transporter dans un lieu où ils seront traités. Claude Daniel est copropriétaire du Refuge de la Faune de l'Estrie. Photo : Radio-Canada / Samuel Montigny Au Refuge de la Faune en Estrie, à Sherbrooke, les mesures de prévention ont été revues à la hausse en contexte épidémique. Les bénévoles enfilent des gants et désinfectent leur matériel. Tous les nouveaux ratons laveurs sont isolés, sont traités seulement par des bénévoles d’expérience pour éviter les morsures. En aucun cas, les familles qui visitent le refuge ne sont en contact avec les ratons laveurs, assure Claudie Daniel. Ils sont disposés dans des enclos loin du public. Le Refuge de la faune en Estrie, qui vaccine les ratons laveurs qui lui sont confiés, ne pourra plus contribuer aux efforts d'immunisation du gouvernement pour les animaux qui sont à Frelighsburg, Farnham, Potton, Bromont et dans les autres villes frappées par l’interdiction, ce que déplore Claudie Daniel. Une vaste opération de distribution d'appâts vaccinaux contre la rage a été menée en avril. Une autre devrait se dérouler en août. Tout animal suspect présentant une blessure, des signes de désorientation, de paralysie ou de l'agressivité doit être signalé au 1 877 346-6763 ou sur le site Web quebec.ca/rageduratonlaveur.C’est quelque chose qui est inquiétant en ce moment, le déplacement d’animaux. On est passé en mode interdiction pour pouvoir sévir si les gens le font
, explique la coordonnatrice de la gestion de la rage au ministère de l’Environnement, de la lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Marianne Gagnier.
On sait qu’il y en a, nos gens sur le terrain en voient, note la biologiste. C’est facile de voir sur les réseaux sociaux des gens qui déplacent des animaux pour diverses raisons, pour des raisons bonnes ou moins bonnes.
Mesures à prendre

C’est une maladie mortelle dans 100 % des cas. Par contre, avant, on est capable de localiser l’infection [...] et de prévenir le développement de la maladie. Mais il faut faire quelque chose. On ne peut pas dire : "je vais attendre de voir je l’ai et si les symptômes apparaissent, je ferai quelque chose". Il va être trop tard.
Inquiétudes
Ce qui nous inquiète, c’est que les gens qui ne trouvent pas un refuge fassent eux-mêmes les biberons et les soins aux ratons laveurs, sans nécessairement avoir conscience du risque de transmission
, souligne Claudie Daniel.
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